Oscar Robertson, un basketteur hors du commun.
Par Bruno • 19 Feb, 2010, 09:30 • Catégorie: Gros plan, Les articles les plus populaires •/images/oscar-robertson.jpg)
A l’occasion du Martin Luther King Jr. Day d’hier, les Memphis Grizzlies qui recevaient les Phoenix Suns, ont profité de l’occasion pour organiser une cérémonie en l’honneur d’Oscar Robertson et d’Alonzo Mourning. Les deux joueurs sont devenus lauréats du « National Civil Rights Museum Sports Legacy » (Musée national des droits civiques pour les légendes du sport). Titre décerné aux personnalités sportives ayant contribuées aux développement des droits civiques et humains, léguant durant leur carrière, les fondations pour de nouveaux leaders, dans l’esprit de ce qu’a fait le Dr. Martin Luther King Jr.
En ce jour férié, commémorant la date de naissance du pasteur King (né le 15 janvier 1929, on le fête tous les troisièmes lundis du mois de janvier), Scott Cacciola du Memphis Commercial Appeal revient, dans un article très intéressant, sur la carrière d’Oscar Robertson. Intronisé au Hall of Fame en 1980, l’ancien meneur de jeu à commencé sa vie de basketteur dans le climat ségrégation raciale qui régnait aux Etats Unis. Cette histoire, est un parfait parallèle à ce jour de commémoration.
Homme de convictions, il ne se laissera jamais faire
Alors junior (joueur de troisième année) à l’université de Cincinnati, Robertson décide de ne pas jouer sa dernière saison avec les Bearcats. Il accepte à la place une offre émanant des Harlem Globetrotters. A cette époque, les Globetrotters rémunèrent bien leur joueurs (Wilt Chamberlain, l’homme aux 100 points en un seul match, y a commencé sa carrière touchant un meilleur contrat que ce qu’on lui proposait en NBA), pourtant ce n’est pas une question d’argent qui a motivé le choix de Big O. La raison était qu’il ne tolérait plus la vie dans le campus, n’ayant pas le droit de manger dans les restaurants avoisinants, réservés uniquement aux blancs. Ça le rendait tout simplement malade d’être considéré comme un citoyen de seconde classe, malade que ses coéquipiers dorment en déplacement dans des hôtels réservés qu’aux blancs. Nous sommes alors en 1959, seulement quatre ans avant le discours mythique : « I have a dream » ; du pasteur King.
Robertson a toujours dû se battre pour obtenir quoique ce soit. Cela lui a forgé un caractère franc, droit et combatif. En 1970, alors président de l’union des joueurs de la NBA, il intente un procès à la ligue. Tentant de bloquer la fusion de la grande ligue prévue avec la ABA, annuler la clause qui voulait qu’un joueur soit propriété à vie d’une franchise, annuler aussi le système de draft alors en place. Il déclarait ces dispositions illégales, se référant aux lois anti-trust en vigueurs. Au final, cela n’a fait que repousser la fusion avec la ABA, six ans plus tard en 1976. Cependant, la ligue a autorisé, suite à ce procès, ses joueurs à devenir finalement free-agents. En échange, leurs anciennes équipes pouvaient s’aligner sur les propositions faites ou pas.
Joueur le plus complet de sa génération
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En plus d’être un homme de convictions, Big O, est tout simplement l’un des meilleurs joueur de l’histoire de notre sport. Il reste à ce jour le seul à avoir réalisé un triple double en moyenne sur une saison entière. 30,8 points, 11,4 passes et 12,5 rebonds par match lors de la saison 1961-62 avec les Cincinnati Royals. Onzième marqueur de l’histoire de la ligue avec 26 710 points marqués en quatorze saisons jouées avec les Royals et les Bucks de Milwaukee. Il a passé six fois la barre des 30 points en moyenne sur une saison ; à chaque fois cette saison là, il était aussi le meilleur passeur de la NBA. Pourtant, il lui aura fallu attendre la saison 1970-71 pour remporter son premier et seul titre NBA. Transféré cette année là de Cincinnati aux Bucks de Milwaukee (selon lui, car son coach, l’ancien meneur des Celtics, Bob Cousy, était jaloux de l’attention qu’on lui portait), il rejoint Lew Alcindor, drafté un an plus tôt par la franchise du Wisconsin. Rookie de l’année à 28,8 pts, et 14,5 rbds par match, celui qui se fera appeler Kareem Abdul-Jabbar (le lendemain du titre NBA), domine les raquettes NBA. Une suprématie qu’il occupait déjà dans les rangs universitaires, la NCAA ayant interdit le dunk en match durant son cursus à UCLA. Le tandem évoluera ensemble jusqu’à la saison 1973-74, date à laquelle Big O pris sa retraite.
Lionel Hollins, coach des Grizzlies, n’a jamais joué avec ni contre Robertson, mais il eu la chance de recevoir quelques conseils du maître quand il était jeune joueur. Il témoigne : « Ce que les gens ne réalisent pas à propos de lui, c’est qu’il était l’un des plus durs, sales joueurs qui a jamais joué. Il était incroyable. Dur sur l’homme, dur avec les arbitres, mais aussi envers ses coéquipiers. Un jour il m’a dit : ‘Fais leur déchirer ton maillot. Joue autant que tu le pourras, car c’est une belle vie (ndlr : la carrière de basketteur)’ ».
La vie après le basketball
A maintenant soixante et onze ans, Robertson a passé la majorité de sa vie en dehors de la sphère NBA. Les tensions engendrées par son procès (qui porte d’ailleurs son nom : « The Oscar Robertson Suit, Robertson vs National Basketball Association, 556 F.2d 682 »), n’étant jamais vraiment retombées. On ne lui a jamais proposé un poste de Head Coach, ni un poste au sein de l’exécutif d’une franchise. Mais cela ne l’a pas dérangé, trouvant toujours satisfaction à travailler au bas de l’échelle, ou à prodiguer ses conseils. Né dans l’Indiana, dans une famille pauvre, il avait choisit le basketball à défaut du baseball (comme la plupart des jeunes de son âge), car le basketball n’était pas alors un sport de riche.
Durant une cérémonie qu’il présidait et à laquelle Lionel Hollins assistait, ce dernier se souvient que Robertson avait énuméré certaines injustices raciales auxquelles il avait dû faire face. Les larmes aux yeux, les sanglots dans la voix, il contait comment lors des déplacements à l’université, il devait se débrouiller tout seul. Ses coéquipiers, étant eux pris en charge par les Bearcats : « Ils me disaient simplement ‘c’est ça que tu dois faire, on te voit au match’. Ils n’ont pas dit ‘Nous n’allons pas laisser faire ça. Tu es notre coéquipier, notre ami, un membre de la famille’. Même si certains voulaient le faire, ils ne l’ont jamais fait. Je ne leur pardonnerai jamais ».
N’avoir jamais été satisfait : voilà ce qui par dessus tout devrait symboliser sa légende.
Oscar Robertson au fil des années
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- 1938 : Naissance à Charlotte dans le Tenessee.
- 1956 : Il mène Crispus Attucks High School (alors un lycée réservé uniquement aux personnes de couleur) au titre de l’Etat d’Indiana.
- 1960 : il quitte la NCAA en étant le meilleur scoreur de l’histoire du basketball universitaire avec 2973 points marqués (Pete Maravich le dépassera dix ans plus tard).
- 960 : Champion Olympique aux Jeux de Rome, il est le co-capitaine de l’équipe.
- 1961 : Rookie de l’année.
- 1962 : Premier et toujours le seul joueur de l’histoire de la NBA à avoir réalisé un triple double en moyenne sur une saison.
- 1964 : MVP de la NBA.
- 1971 : Champion NBA avec les Bucks de Milwaukee.
- 1980 : Intronisé au Hall of Fame de Springfield.
- 1997 : Donne un rein à l’une de ses filles.
- 2000 : Élu joueur du siècle par les coachs de la NBA.
- 2006 : Intronisé au Hall of Fame de la NCAA.
Pour la petite histoire, les Grizzlies ont battu les Suns dans leur antre 125-118.
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le sport a son epoque etait a la fois un echapatoire et un piege !
le segregation etait infame et meme avec le talent incontestable certains (beaucoup) de blanc refusé de les faire jouer !
notament parce qu’ils etaient meilleur !
sans parler du joueur incontestablement complet (triple double de moyenne mon dieu !) l’homme par son combat et son courage a pratiqué un sport ou clairement on l’exploité l’exibé et l’utilisé comme un animal de foire , merite tous les honneurs !
Tout à fait d’accord Kaahlrv !!! as tu vu Glory Road ?
si si, back in the days
Voici les statistiques d’Oscar Palmer Robertson (de 60 à 65) ses plus belles saisons :
60-61 – Cincinnati 71 matchs 30.5 pts 10.1 rbs *9.7 passes
61-62 – Cincinnati 79 matchs 30.8 pts 12.5 rbs *11.4 passes
62-63 – Cincinnati 80 matchs 28.3 pts 10.4 rbs 9.5 passes
63-64 – Cincinnati 79 matchs 31.4 pts 9.9 rbs *11 passes
64-65 – Cincinnati 75 matchs 30.4 pts 9 rbs *11.5 passes
…
All-NBA first team en 1961, 1962, 1963 1964, 1965, 1966, 1967, 1968, 1969
P.S. : (*) leader de la NBA ctte saison là
Merci King James pour ces précisions
Statistiques complet de Big O, ainsi que beaucoup d’autres, bientôt disponible sur mon site internet.
Super article… j’en ai eu la gorge serrée en le lisant
slt cè moussa dpui bko tu cè g t’apprecie bocou stp si ta reçu mn sms rpn moi